La Dame aux jambes d’Azur au Studio-Théâtre de la Comédie-Française par Marie-Laure Atinault

Posté par angelique lagarde le 14 février 2015

La Dame aux jambes d'azur - Labiche - Jean-Pierre Vincent - Studio-Theatre-Comedie-Francaise

La Dame aux jambes d’Azur © Cosimo Mirco Magliocca

La Dame aux jambes d’Azur
D’Eugène Labiche et Marc-Michel
Mise en scène de Jean-Pierre Vincent
Avec Gérard Giroudon, Claude Mathieu, Jérôme Pouly, Julie Sicard, Pierre Louis-Calixte, Gilles David, Benjamin Lavernhe et Noam Morgensztern.
Et les musiciens Pascal Sangla, Philippe Briegh
Au Studio-Théâtre de la Comédie-Française jusqu’au 8 Mars

La superbe de Labiche et l’élégance de Jean-Pierre Vincent

La Dame aux jambes d’Azur, que se cache derrière ce titre. Un conte de Fée, une élégie, une sonate de Ravel ou de Satie ? Rien de tout cela. Jean-Pierre Vincent a exhumée une pièce pratiquement inconnue du Sieur Eugène Labiche et son complice  Marc-Michel. Cette pochade est interprétée par des Comédiens-Français en superbe forme.

Une pièce d’Eugène Labiche en cache toujours une autre. Le très prolifique auteur du Chapeau de paille d’Italie pouvait écrire avec ses collaborateurs dix pièces par an. Henry Becque avait proposé que l’œuvre complète de Labiche titre Théâtre de Labiche et Cie. Cette pochade au titre poétique nous plonge dans l’histoire du théâtre. Par le biais de cette Dame aux Jambes d’Azur, nous apprenons moult détails sur le théâtre du XIXe siècle. L’un des comédiens de la troupe du Palais Royal, réputée pour ses pièces drôles et légères, met en scène sa pièce. Pauvre Arnal, tout se ligue contre lui. Il fait une annonce au public, la pièce ne peut pas être jouée ce soir, nous assisterons à une répétition générale. Arnal a écrit un drame puissant, romantique et historique. Le genre fait fureur en 1857. On sent bien que la troupe est fort peu motivée par les aventures de cette Dame aux jambes d’Azur. Pourtant nous sommes à Venise, au XVe siècle. Enfin dans la forêt juste à côté. Comment, vous ne saviez pas qu’il y avait une forêt vénitienne ?

En voyant la répétition de ce chef d’œuvre en pleine ferveur créatrice, le public est perplexe. Ravel, comique troupier est venu voir ses amis. Il ne regrette pas sa soirée. Il apportera à l’auteur un regard neuf et pertinent d’un professionnel rompu à l’art du plateau. Il s’étonnera de voir en pleine forêt une cheminée ! Il n’est pas au bout de ses étonnements. Le souffleur absent est remplacé par un régisseur qui ne sait pas lire, la jeune première tricote en répétant quand à Grassot qui doit jouer le Doge de Venise il est préoccupé par son déménagement ! A mon Dieu quelle Aria !

La Dame aux jambes d’Azur est créé en 1857, la même année que L’Affaire de la rue de Lourcine. La pièce est donnée au cours d’une soirée dont le bénéfice reviendra à Mademoiselle Lucile Durand, comédienne du théâtre du Palais Royal, qui part à la retraite. Labiche s’est amusé à prendre comme personnages les comédiens du théâtre du Palais Royal qui ont créé la plupart de ses pièces. Mise en abîme pour ces comédiens, où chacun se voit attribuer un rôle avec des travers. Labiche casse le mythe du comédien inaccessible, la jeune première arrive sur scène en finissant une saucisse et elle boit de la bière, Arnal le malheureux auteur du drame apparaît comme un inculte. Entre les Comédiens-Français et ceux du Palais Royal, il y a comme un passage de témoin au travers des siècles. Ils se moquent d’eux-mêmes avec talent. Jean-Pierre Vincent nous offre un petit bijou d’humour. Grand amateur de Labiche, dont il a monté déjà plusieurs pièces, il a compris que cet auteur est plus fort que le metteur en scène. Seul le respect du texte et de l’auteur donne un bon spectacle. Le décor de Jean Paul Chambas pousse les murs du Studio de la Comédie-Française, les beaux costumes de Patrice Cauchetier nous plongent dans les années 1850, avec une petite surprise pour la logeuse. Chez Labiche il y a toujours ce reflet d’un auteur qui a stigmatisé, égratigné la petite bourgeoisie, leur soif d’honneur. La noirceur n’est pas loin. Il sait jeter ses personnages dans une spirale qui pourrait être sordide si le rire n’était pas au rendez vous.

Quel bonheur de voir une si brillante distribution, Gilles David n’a jamais été aussi bon qu’en jouant Arnal, Julie Sicard est une tricoteuse de première, Pierre Louis-Calixte est le digne héritier d’Ouvrad, le célèbre comique troupier ; Gérard Giroudon, le Doge en quête d’un logement est comme toujours formidable. Enfin ils sont tous excellents. C’est une superbe production !

Venise, une forêt, un orchestre symphonique de deux musiciens, un fauve canin, et tout cela au Studio-Théâtre, cela tient du prodige. Le seul regret que nous ayons est que le spectacle soit trop court.

Marie Laure Atinault

Studio-Théâtre de la Comédie-Française
99, rue de Rivoli
75001 Paris
Réservations au 01 44 58 98 58

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King Lear de Shakespeare au Théâtre de Nesle par Mary Landi

Posté par angelique lagarde le 11 février 2015

King Lear de Shakespeare au Théâtre de Nesle par Mary Landi  dans Spectacles king-lear-300x225
King Lear © François Vila

King Lear
de William Shakespeare
Mise en scène et adaptation de Rona Waddington
Spectacle en anglais sur-titré en français
Avec Joanna Bartholomew, Fiamma Benett, Nick Calderbank, Damian Corcoran, Vincent Latorre et Gabriella Scheer.
Au Théâtre de Nesle jusqu’au 14 février, du mercredi au samedi à 21h

La tragédie shakespearienne en VO !

Ne ratez pas les dernières représentations de cette version présentée par d’excellents acteurs dans les caves voûtées du théâtre. Une ambiance très « british » qui ne manque pas de charme, ni d’allant !
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Sélection jeunesse par Mary Landi

Posté par angelique lagarde le 16 janvier 2015

L'ENFANT AU GRELOT 2014 pru00E9-affiche web

A applaudir en famille !

Une sélection de jolis spectacles pour jeunes et moins jeunes à ne pas rater !  L’enfant au grelot continue à envoûter les petits au Théâtre Michel. Au Théâtre Bobino, les aventures de Peter Pan vous entrainent dans les airs au pays imaginaire tandis que l’histoire du Petit Chaperon Rouge modernisé et endiablé au Théâtre des Nouveautés… Enfin, jusqu’à la fin de la saison, les aventures de Capucine enchanteront la Comédie de Paris.

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Kourandart est Charlie

Posté par angelique lagarde le 7 janvier 2015

Nous-sommes-Charlie

La rédaction de Kourandart tient à vous faire part de sa peine immense suite à cet effroyable attentat qui a décimé la rédaction de Charlie Hebdo et de son soutien aux proches des 12 victimes et aux blessés. Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Philippe Honoré, Bernard Maris, Michel Renaud… Ces noms resterons gravés à tous jamais sur la page de l’horreur. Ils ont été exécutés. Leur crime : la liberté. Leur arme : l’humour. Indignons nous, rassemblons nous, marchons pour ne pas courber l’échine face à la menace et laissons s’exprimer la liberté de pensée, de parole, de vie !

 « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme. » (article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen de 1789)

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Trois spectacles à decouvrir en famille au Ranelagh par Mary Landi

Posté par angelique lagarde le 6 janvier 2015

Cinq de coeur

Cinq de Cœur – Le Concert sans Retour

Une programmation colorée au Ranelagh pour petits et grands !

En ce début d’année, dans la splendide salle en bois Renaissance du Théâtre du Ranelagh , opéra et fantaisie font bon ménage avec Le concert sans retour des Cinq de coeur, tandis qu’au sein de son foyer, Prévert et Saint-Saëns ravissent enfants et parents.
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Akram Khan & Israel Galvan, les 7 doigts de la main et Stéphane Rousseau, Bonne Année 2015 par Angélique Lagarde

Posté par angelique lagarde le 1 janvier 2015

Torobaka © Jean-Louis Fernandez

Torobaka © Jean-Louis Fernandez

Akram Khan & Israel Galván, Les 7 doigts de la main et Stéphane Rousseau : le trio gagnant ! 

Sur le plateau du Théâtre de la Ville, Toroboka de et par Akram Khan et Israel Galván confronte et unit la tradition indienne du kathak et le flamenco. A La Cigale, dans Cuisine et confessions, les 7 doigts de la main nous livrent leurs recettes du bonheur. Au Théâtre du Palais-Royal, notre séduisant cousin outre-Atlantique fait montre de ses plus beaux atours dans Stéphane Rousseau brise la glace. Dans une volonté d’éclectisme et de qualité, voici notre sélection qui ouvre avec éclat cette nouvelle année spectaculaire ! Lire la suite… »

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Ernesto Caballero, rencontre au Teatro Maria Guerrero pour Rhinocéros de Ionesco

Posté par angelique lagarde le 18 décembre 2014

ERNESTO CABALLERO © David Ruano

Ernesto Caballero © David Ruano

Rhinocéros
D’Eugène Ionesco
Mise en scène d’Ernesto Caballero
Au Teatro Maria Guerrero CDN de Madrid
Du 17 décembre 2014 au 8 février 2015

Qui sera le dernier homme ? Le futur est-il rhinocérontique ?

Rhinocéros d’Eugène Ionesco, écrit en 1958, créé la même année à Düsseldorf, puis successivement en 1960 par Jean-Louis Barrault à Paris et Orson Welles à Londres, a été mis en scène pour la première fois en Espagne en 1961 sous la dictature franquiste, par Jose Luis Alonso au Teatro Maria Guerrero. Cinquante trois ans après, Ernesto Caballero, directeur du Centre Dramatique National (Teatro Maria Guerrero) reprend sur la même scène ce grand classique du XXème siècle. À l’origine Rhinocéros faisait clairement référence au phénomène du nazisme qui avait déferlé sur l’Europe en incendiant le monde. Un totalitarisme dont le franquisme en Espagne était un dérivé. On pouvait en même temps entendre dans la pièce des échos d’une autre idéologie totalitaire qui, après avoir submergé la Russie et l’Europe de l’Est, s’est étendue sur Cuba, certains pays de l’Asie et de l’Amérique latine. Plus d’un demi-siècle après, au-delà de ces références historiques, Rhinocéros est devenu une parabole sur les multiples formes du totalitarisme, de dictature de la pensée unique, du politiquement correct et de la lutte de l’individu impuissante mais irrépressible contre toute forme de massification. La Rhinocérite est aussi « cette exaltante sensation d’appartenir qui nous préserve de la marginalisation sociale », dit Ernesto Caballero qui met en scène aujourd’hui cette pièce emblématique.
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