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23ème nuit des Molières – Dimanche 26 Avril au Théâtre de Paris – Commentaires de la rédaction sur le palmarès

Posté par angelique lagarde le 30 avril 2009

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David Lescot – Molière de la révélation théâtrale pour La commission centrale de l’enfance

Standing Ovation pour le Théâtre Public

Si la nuit des Molières célèbre le théâtre, elle est chaque année, à elle seule, un véritable moment spectaculaire. Ce soir-là, Bernard Giraudeau, président d’un soir dans sa classieuse bonhomie s’est laissé amuser et émouvoir par son ministre, Frédéric Mitterrand. En parfait Monsieur Loyal , celui-ci a ouvert la danse de son ton solennel semblant avoir atteint son apogée de préciosité et de dandysme ampoulé. Laurent Baffie, quant à lui, dans le rôle du trublion a conféré une certaine légèreté à la cérémonie frôlant malheureusement les limites de la bienséance. Pour ne pas échapper à la règle, cette édition a, comme à l’accoutumé, satisfait, déçu ou enchanté les nominés et votants mais plus étonnement, largement récompensé le Théâtre Public.

Pour entamer la valse des récompenses, Patrick Chesnais reçoit le Molière du Comédien pour Cochons d’Inde. Dans un court remerciement sincère et touchant, il le dédie à son fils. Au regard des succès respectifs du Diable Rouge et de Très chère Mathilde, Claude Rich et Samuel Labarthe étaient fortement pressentis pour cette récompense, mais le résultat n’est nullement à remettre en question, ne pouvant qu’applaudir dans la pièce de Sébastien Thiéry un Patrick Chesnais si fidèle à lui-même dans sa feinte nonchalance. L’émotion persiste lorsque Monique Chaumette se voit remettre par Michel Vuillermoz et Catherine Jacob, le Molière de la comédienne dans un second rôle pour sa performance dans Baby Doll et qu’elle déclare que c’est avec son « grand absent » feu Michel Noiret, son époux, qu’elle souhaite partager cette récompense.

Les Molières des révélations théâtrales sont ensuite remis par Sylvie Testud et Simon Abkarian à Aude Briant pour Le journal à quatre mains et David Lescot pour La commission centrale de l’enfance. La jeune femme avec beaucoup d’humour adresse un message d’encouragement aux jeunes comédiennes qui telles « Anne ma sœur Anne ne voient rien venir » tandis que le jeune homme, frère du comédien Micha Lescot qui reçut le Molière en 2005, remercie tous ceux qui ont eu confiance en lui, la Maison de la Poésie notamment et Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du Théâtre de la Ville qui recevra ce spectacle la saison prochaine.

Le Molière de la pièce comique est sans véritable surprise  remis à l’équipe de Cochons d’Inde qui remporte donc sa deuxième victoire. En revanche, nous sommes beaucoup plus étonnés de voir attribué au Diable Rouge, immense succès auprès du publique, les Molières du Décorateur/scénographe pour Catherine Bluwal et du Créateur lumière pour Marie- Hélène Pinon. Non que ces choix ne soient mérités, ce qui laisse perplexe est le fait qu’ils soient les uniques prix de ce spectacle puisque Claude Rich n’a pas été récompensé et que le Molière du Théâtre Privé sera remis à Zabou Breitman et son équipe pour Des Gens. Néanmoins, encore une fois, il s’agit ici d’un choix légitime renforcé par une deuxième récompense, le Molière de l’adaptation pour cette pièce adaptée par la metteuse en scène – comédienne d’après les films Urgences et Faits Divers de Raymond Depardon.

Cette 23ème Nuit des Molières a donc largement récompensé le Théâtre Public en offrant trois Molières à Coriolan mis en scène par Christian Schiaretti, directeur du TNP de Villeurbanne : celui du théâtre public, celui du metteur en scène et celui du comédien dans un second rôle à Roland Bertin. Lorsque ce grand monsieur se voit remettre la statuette des mains de Dominique Pinon et Sarah Forestier, il déclare : « Je suis une Antiquité mais une Antiquité qui veut encore mordre ! ». Il remercie également avec beaucoup de déférence Christian Schiaretti pour son véritable travail d’animateur, de chef de troupe et glisse ainsi avec délicatesse au Ministère qu’il serait important de « défendre l’esprit même de troupe », à bon entendeur…La prise de Parole du directeur est également très juste lorsqu’il rappelle qu’il a un cahier des charges à remplir et qu’il fait du théâtre pour le public.

Quelques légères déceptions auront ponctué cette soirée. On ne pourra s’empêcher, à titre d’exemple, d’émettre de petits regrets pour Figaro Divorce à la Comédie Française avec l’excellent Michel Vuillermoz et pour le metteur en scène Stanislas Nordey qui avait magnifiquement donné corps au texte de Wajdi Mouawad, Incendies, la saison dernière au Théâtre National de la Colline. Sans aller jusqu’à la déception puisqu’il était méritoire d’accorder le Molière de l’auteur francophone vivant à Jean-Claude Grumberg pour Vers toi terre promise, un texte fort sur le génocide et la difficulté de se reconstruire pour continuer à vivre, on aurait tout de même aimé pouvoir applaudir de nouveau Joël Pommerat pour Je tremble 1 et 2, son œuvre kaléidoscope à travers  laquelle il observe avec humour et cruauté le genre humain.

Pour clore sur une note agréable, nous avons également eu de jolies surprises avec notamment le Molière du Créateur costumes attribué à  Claire Risterrucci pour ses magnifiques robes à crinolines dans Madame de Sade et le Molière du Spectacle jeune public revenu à deux lauréats ex aequo, deux compagnies de marionnettes et arts associées, la compagnie s’appelle Reviens d’Alice Laloy pour 86 CM et la compagnie Skappa d’Isabelle Hervouët pour In 1 et 2.

Si la partition de notre trublion Laurent Baffie n’a pas toujours été du meilleur goût, notamment lorsqu’il a remis de façon tout à fait improvisée et avec beaucoup de sincérité certes, mais de  maladresse le Molière d’honneur à Line Renaud pour l’ensemble de sa carrière. Extrêmement gênée, sa réaction a cependant été des plus affectueuses quand elle a répondu qu’il aurait dû revenir à son partenaire, Samuel Labarthe, nominé pour le Molière du comédien. Un joli moment d’émotion s’est installé également lorsqu’est venue chanter Sarah Giraudeau, la fille d’Annie Duperey et Bernard Giraudeau. Profitons également de ces quelques lignes pour adresser un dernier adieu ému à Macha Béranger, la voix suave des nuits de France Inter qui est partie ce soir-là et quittons nous sur les bonnes paroles de notre président d’un soir : « Le théâtre est fêté, tout le monde est sur le plateau, il est temps maintenant de baisser le rideau ». A l’année prochaine si vous le voulez bien !

Angélique Lagarde

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