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El Final de este estado de cosas, redux – un spectacle de Israel Galvàn Festival d’Avignon In – par Marie-Laure Atinault

Posté par angelique lagarde le 21 juillet 2009

Israel Galvàn © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon

Israel Galvàn © Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon

El Final de este estado de cosas, redux
(La fin de cet état de choses, redux)
Un spectacle de Israel Galvàn
Festival In à la Carrière Boulbon les 18, 19, 20, 22, 24, 25 et 26 Juillet à 22h

Galvàn Stupefiant, l’homme qui danse avec son ombre, ole hombre !

La scène de la carrière Boulbon est surélevée pour la représentation de ce flamenco apocalyptique de Israel Galvàn. En avant scène apparaît une bande de sable et dans cette plage, un carré de sable plus blond, plus blanc, éclairé crûment. Un homme, comme sorti de la gangue primaire s’extirpe, et il danse comme on crie pour vivre, pour survivre.

La préface de l’Apocalypse de Jean est le coup de poing que ressentent les spectateurs médusés. Homme ou animal, être de chair ou de boue, parade de mort ou de vie. L’être de sable sort de scène, pour nous laisser devant un écran où est projeté la lettre de Yalda Younes une danseuse libanaise, ancienne élève de Galvàn. Elle raconte sa peur et ses souffrances pendant la guerre de Liban. Elle a joint un D.V.D où elle danse sur le son des bombardements. De ce solo de Flamenco qui transpire la peur et la violence, Galvàn a décidé de faire son Apocalypse.

La mort est ancrée dans la culture andalouse où les fêtes catholiques sont mâtinées de relents des fêtes païennes. Galvàn donne son Apocalypse, recréant des espaces, des lectures où le jeu avec la mort est puissant, inutile et nécessaire. L’orchestre de moines de l’inquisition aborde des accords modernes poussant les frontières de l’écoute créant un malaise. Et Galvàn danse, fascinant soliste qui bouleverse une tradition, résolument moderne, inventant, imprimant à tout son style, ses gestes, son sens du rythme, son «  compas » . Israel Galvàn invente, aime jouer avec les objets, avec la matière. Il danse dans le sable imprimant son empreinte pour une éternité aléatoire. Il danse sur un praticable en bois articulé dangereusement, il se joue du danger et fait danser à sa guise le bois dans un duo violent époustouflant !

Le dernier tableau est intitulé Alpha et Oméga. Sur la scène, des cercueils sont disposés, sur le couvercle de l’un d’entre eux un percussionniste nous joue un air à la fois sacrilège et génial. Israel Galvàn tout de noir vêtu danse parmi les cercueils, il monte sur les couvercles, fait des solos impies et jubilatoires, entre dans les boîtes de la dernière demeure et se livre à une hallucinante parade morbide. Époustouflant et saisissant il nous faut quelques minutes pour reprendre notre souffle et comprendre que le spectacle est fini.

Israel Galvàn de los Reyes est le roi de la carrière Boulbon. L’univers minéral, aux allures de roches bibliques convient parfaitement à cet Apocalypse étonnante qui touche et bouleverse un public conquis par tant d’imagination. Lorsque ce danseur du dessus danse avec son ombre, qu’il agite ses mains comme la Pavlova, il dégage une sensualité qui vrille et offre enfin à ce Festival languissant un véritable coup de cœur.

Marie-Laure Atinault

Festival d’Avignon In
Cloître Saint-Louis
20, rue du Portail Boquier
84000 Avignon
Réservations : 04 90 14 14 14
Site : www.festival-avignon.com

 

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