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Les 39 marches au Théâtre La Bruyère Molière de la pièce comique par Marie-Laure Atinault

Posté par angelique lagarde le 2 mai 2010

39marches.png

Les 39 marches © Lot

Les 39 marches
De John Buchan et Alfred Hitchcock
Adaptation française de Gérald Sibleyras
Mise en scène Eric Métayer

Avec Eric Métayer, Jean-Philippe Beche, Andréa Bescond, Christophe Laubion
Au Théâtre La Bruyère – Reprise du 14 septembre au 31 décembre

Molière de la pièce comique et Molière de l’Adaptateur pour Gérald Sibleyras

L’escalier en colimaçon du fou rire !    
                                           
Pour les cinéphiles le titre Les 39 marches évoque Sir Alfred Hitchcock, et son film avec une star bien oubliée de nos jours Robert Donat. Est-ce ce titre étrange qui a intrigué Eric Métayer ? Mais que cache ce titre étrange ?! Est-ce le slogan d’un élément architectural ? Non. Est-ce le comptage obsessionnel d’un nombre de marches ? Non plus…

Cette question obsédante est celle que se pose Richard Hannay, un Canadien, en vacances à Londres. Tout avait bien commencé, la cité de la perfide Albion offrait moult plaisirs et ce soir, il était venu s’encanailler dans un music hall. La vedette du spectacle est un certain Monsieur Memory, un homme qui sait tout, qui calcule des nombres pharamineux. De sa loge, Hannay suit le spectacle distraitement, il dévore des yeux une magnifique créature, trop captivé, il n’a peut-être pas prêté attention aux événements. Pourtant, on a beau être canadien et flegmatique, il arrive un moment ou  plusieurs cadavres et tentatives de meurtres doivent vous mettre la puce à l’oreille et finissent par vous inquiéter. Aventurier malgré lui, il doit fuir et la police, et tous ces gens qui veulent le tuer. En guise de vacances, il va faire du tourisme forcé, un Koh Lanta version britannique, avec des excursions pleines de charme dans la lande écossaise. Hannay, flegmatique et courageux, a l’impression d’être un renard  en pleine chasse à courre. Les dangers qu’il affronte sont de plus en plus périlleux, il devra même manger dans une auberge écossaise qui sent l’huile d’olive.

Eric Métayer après avoir interprété dans Un monde fou, une vingtaine de personnage à lui tout seul, en bon camarade, partage l’affiche, et à quatre ils ne sont pas de trop pour jouer les 150 rôles ! L’adaptation d’un film d’action sur une scène de théâtre est toujours un peu délicate. Comment mettre sur un plateau la lande écossaise, des voitures, des avions, une figuration fournie, des mouettes et des moutons ? La mise en scène est réglée au millimètre et utilise des trucs et des gadgets qui paraissent simples, ainsi la porte que l’on amène sur le plateau et que les comédiens tournent afin de multiplier les angles de vues, le lampadaire urbain monté sur roulettes, la poursuite des avions qui sont montés sur des perches. Cartoonesques, enfantins, les trucages de bric et de broc font appel à l’imagination des spectateurs et à leur sens du merveilleux. Forcément quand on est quatre pour interpréter tous ces personnages, le metteur en scène a intérêt à ne pas se tromper dans sa distribution, il faut que l’équipe joue sur le même rythme et avec Eric Métayer cela se traduit par rythme effréné, tout va à cent à l’heure.

Andréa Bescond est la femme dans tous ses états, elle n’est pas que jolie, ce qui n’est déjà pas si mal, mais elle danse et joue la comédie avec un charme fou. Christophe Laubion est Hannay, l’innocent jeté dans une intrigue qui le dépasse, flegmatique à souhait, la moustache frémissante, il est le digne successeur de Robert Donat. Jean-Philippe Beche interprète plus de 70 personnages, dont le fameux Monsieur Memory et une femme extraordinaire, une duchesse de Grandair qui serait la cousine de Madame de Fontenay. Nous l’avions remarqué dans L’Éventail de Lady Windermere, mais sa veine comique prend toute son ampleur dans ses compositions dignes d’un Fregoli. Eric Métayer, en véritable chef de troupe, imprime à son équipe sa folie et son sens du gag. Sa composition du terrible Ecossais jaloux ou de l’espion maladroit sont des moments de pur bonheur. Du suspense, du rire, de l’émotion et encore du rire, Les 39 marches est le type même de ces spectacles que l’on souhaite revoir dès le baisser de rideau car les fous rires sont si tonitruants que l’on pense avoir manqué l’un des cent mille gags. De plus, le spectacle est intergénérationnel, un vrai cadeau en somme !

Marie-Laure Atinault

Théâtre La Bruyère

5, rue La Bruyère
75009 Paris
Réservations au 01 48 74 76 99
Site : www.theatrelabruyere.com

 

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