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Moi, Michel G., Milliardaire, Maître du monde de Stéphane Kazandjian avec François-Xavier Demaison par Pat de Côme

Posté par angelique lagarde le 24 avril 2011

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Moi, Michel G., Milliardaire, Maître du Monde
Comédie de Stéphane Kazandjian
Avec François-Xavier Demaison, Laurent Laffitte, Laurence Arne, Guy Bedos, Alain Doutey, Patrik Bouchitey, Xavier de Guillebon…
Sortie en Salle le 27 avril 2011

Michel Ganiant en homme d’affaires qui a du succès possède l’argent, le pouvoir et… l’amour de Déborah. Archétype du capitalisme moderne et décomplexé, alors qu’il s’apprête à réaliser le «coup » de sa carrière, il accepte pour s’inventer une image, de se laisser suivre par la caméra de Joseph Klein, journaliste impertinent et engagé. Au final, ce qui devait être un reportage, reflet convenu de l’existence paisible et modeste d’un grand homme, deviendra une immersion jubilatoire dans les coulisses du business et de la façon dont se conduisent les riches et les puissants. Les personnages de Stéphane Kazandjian évoluent au cœur de la société libérale avec sa crise sociale en contrepoint dans une forme cinématographique qui emprunte au vécu sans faire pour autant du documentaire, là où il instille une belle part de récit sans fabriquer une fiction.

Déjà en 1978, Christian de Chalonge en portant à l’écran le livre de Nancy Markharn secouait l’opinion avec L’Argent des Autres. Plus près de nous, Ma part du Gâteau de Cédric Klapisch (2011) plongeait dans l’intimité d’un trader sans foi ni loi quand Stéphane Kazandjian choisit la dérision pour dénoncer l’intolérable légèreté des puissants. Or dans ce vrai-faux documentaire, expression artistique du «documenteur» qui ne demande qu’à perdurer au cinéma, le réalisateur Stéphane Kazandjian  «fait du vrai» (caméra portée) sans les artifices du ciné-réalité ou sans celles des techniques de la TV – dessous d’enquêtes en faux direct du quai des Orfèvres avec musique et voix monocordes de circonstance formatées à l’identique pour toutes les chaînes.

Pour Stéphane Kazandjian : « La télé-réalité c’est de la réalité manipulée ». Le réalisateur préfère utiliser la comédie pour argumenter en pédagogue avec les moyens du cinéma et permettre aux comédiens de faire en sorte que le fil conducteur de ce voyage chez les spéculateurs ne sombre pas dans le cliché. Entendons-nous bien, ce film est précisément drôle, même si le sujet est grave puisqu’il traite de l’incommensurable fossé qui sépare d’un côté les financiers mercantiles, accumulateurs de richesses à leur profit et de l’autre des citoyens «ordinaires» qui subissent la crise de plein fouet, en accumulant ennuis, découverts et emprunts bancaires.

« Pour un Gagnant, combien de perdants » 

Ceux qui penseront à l’avance que le thème est caricatural comprendront le tour de force de Stéphane Kazandjian d’avoir voulu montrer la stricte évidence d’un monde à deux vitesses. Sa dénonciation de l’ultra libéralisme nous fait non seulement comprendre que les dividendes produits par les jeux de la spéculation mondiale ont remplacé les fruits du travail -ceux de l’économie réelle- et même si devant nos yeux Jérôme Prévost (Alain Doutey) le concurrent de Michel Gagnant semble être le dernier représentant d’une gestion familiale de grand entrepreneur qui capitalise à partir des revenus de son industrie (serait-ce la dernière ?), nul n’échappe à l’insolence de ce journaliste, reporter fouille-merde, dont le milliardaire voit tout l’intérêt qu’il en aurait d’obtenir « son reportage rien qu’à lui » au moment de traiter ce qui lui semble la quasi meilleure OPA de sa vie : «L’équipe de France a bien son film, non ? Pourquoi pas moi ? ». Joseph Klein a l’insolence des journalistes qui vont jusqu’au bout de leur pertinence. Ce n’est pas parce que le capitalisme se transformerait en nouveau «capitalisme à visage humain», qu’il ne le démasquerait pas ! La manœuvre de communication est éventée par ce garçon crispant dont la nonchalance s’oppose à l‘énergie de Michel Gagnant. Laurent Laffitte a la tête de l’emploi.

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Laurence Arne, au naturel désarmant

Dans ce territoire sans pitié où la redistribution des richesses est un mot grossier, on tient vraiment le plaisir de suivre Déborah et Michel Gagnant ( Laurence Arne, une révélation et François-Xavier Demaison, une confirmation), couple quasi présidentiel, empêtré dans la justification de leurs multiples, humanisantes et peu crédibles justifications. Laurence Arne, au naturel désarmant, nous confirme qu’elle s’est inspirée de la personnalité de Carla Bruni. Sa chanson du film devrait être éditée.

François-Xavier Demaison nous dit que pour son personnage fait de bonhomie de séduction et de grande violence, il a trouvé son inspiration en étudiant le ton des hommes politiques, ce mélange de conviction, de séduction et leur stratégie permanente de com’ :«Le sujet m’a semblé jubilatoire, ma règle en or était de ne pas caricaturer pour être plus crédible. Plus le personnage devenait vrai et plus c’était drôle ! » Guy Bedos, en Frank-David Boulanger ami fidèle de la famille et financier à l’ancienne, tient là un morceau de bravoure devant les requins de la finance tel Philippe Monk interprété très justement par Xavier de Guillebon. Quant à Patrick Bouchitey, son jeu d’humour au naturel prend la forme d’un véritable sketch à lui seul.

Ce film tourné en équipe réduite et aux efforts financiers partagés, est aussi drôle qu’incisif. Il plaira au public qui aime la dérision et se divertir en dégustant une vraie comédie. Moi, Michel G., Milliardaire, Maître du Monde en utilisant le rire sans démonstration, est en même temps un support pour mieux connaître un monde insoupçonné qui pourtant nous cerne !

Pat de Côme

 

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