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Marionnettes, territoires de création – Exposition itinérante sur les arts de la marionnette contemporaine par Angélique Lagarde

Posté par angelique lagarde le 2 novembre 2011

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Rencontre du 23 septembre autour de l’exposition Marionnettes, Territoires de création
Joëlle Noguès (cie Pupella Noguès), Angélique Lagarde (modératrice), Evelyne Lecucq (commissaire d’exposition) et David Girondin-Moab (cie Pseudonymo) © Benoit Fortrye

Marionnettes, territoires de création
Exposition itinérante sur les arts de la marionnette contemporaine
Commissaire d’exposition : Evelyne Lecucq
Jusqu’au 26 novembre à Gonesse dans le cadre du Festival Théâtral du Val d’Oise puis en tournée

Patrimoine vivant et création articulée     

Evelyne Lecucq que nous avions rencontrée lors de son commissariat d’exposition sur Craig et la marionnette s’interroge aujourd’hui sur la création contemporaine à l’échelle nationale et sur son développement sous ce titre propice à la réflexion : Marionnettes, territoires de création. Suite à la visite de cette exposition et à la rencontre intitulée Marionnette, patrimoine de demain le 23 septembre dernier dans le cadre du Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes de Charleville-Mézières, nous sommes aujourd’hui en mesure d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexions qui intéresseront tant le novice que le passionné, voire le créateur d’art marionnétique. Cette exposition itinérante est aujourd’hui visible à Gonesse dans le cadre du Festival théâtral du Val d’Oise.

L’exposition s’articule autour de deux grandes thématiques « la spécificité des arts contemporains de la marionnette » au travers des questions de la représentation, de l’espace et du mouvement et le jeu avec les matières, puis « leurs dialogues » avec les auteurs contemporains, avec les autres arts et plus globalement avec la société. La scénographie de Violette Cros faite de mobiles permet au visiteur de déambuler tout en prenant conscience de ces articulations de manière palpable, sonore et visuelle. Le vendredi 23 septembre fut l’occasion de réfléchir ensemble aux questions que soulèvent cette exposition avec Evelyne Lecucq, David Girondin Moab de la compagnie Pseudonymo et Joëlle Noguès de la compagnie Pupella Noguès. Si l’intitulé de la rencontre était Marionnette, patrimoine de demain, nous avons décidé d’entendre patrimoine comme état des lieux vivant, en constante mutation.

L’an passé, Evelyne Lecucq initiait une interrogation sur l’héritage d’Edward Gordon Craig, de ce qu’il a transmis sur le plan de la compréhension de l’objet marionnettique à la représentation, au travers de la notion de surmarionnette et par extension à la thématique de l’acteur manipulateur. C’est très intelligemment que le premier volet de cette exposition Marionnettes, territoires de création reprend ce questionnement avec les enjeux que soulèvent la fabrication et le jeu notamment avec des marionnettes hyperréalistes, question que nous avons soulevée avec David Girondin Moab qui est aujourd’hui une référence de ce type d’objets. L’exposition propose notamment de découvrir le Sultan de la compagnie Pseudonymo et l’un des personnages, non moins marquant du spectacle Les Aveugles de Maeterlinck dans la mise en scène de Bérangère Vantusso. Il en est ressorti que la figure (terme emprunté à la traduction allemande de marionnette, figuren) porte l’ambiguïté mais qu’elle n’est que matière à manipulation comme n’importe quelle autre et, pour actualiser le débat, comme le sont aujourd’hui des matières impalpables comme le son. Joëlle Noguès qui travaille beaucoup avec le son nous a fait percevoir également l’importance de la géographie sonore organisée par Violette Cros pour cette exposition.

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Le sultan – Marionnette hyperréaliste de la cie Pseudonymo présente dans l’exposition Marionnettes, territoires de créations

La question de la représentation est donc inextricablement liée au jeu, mais aussi aux outils et particulièrement aux nouvelles technologies et par conséquent, la question « qu’est-ce qui fait marionnette ? » reste ouverte, mais surtout il est important de comprendre qu’elle ne peut entendre qu’une réponse artistique. C’est un premier aspect qui traduit fortement cet enclin de la nouvelle génération à cesser de questionner pour saisir l’objet, s’en emparer et offrir son art au spectateur. La figure permet d’aller plus loin qu’au théâtre « classique », qu’au cinéma. On pense notamment aux pièces mécaniques du Théâtre de la Licorne de Claire Dancoisne avec entre autres, la scène de Spartacus où des pieds animés représentent l’insurrection puis le triste sort des esclaves, image qui aurait été insoutenable autrement que sous cette forme marionnettique. Dans l’exposition, un scarabée mécanique permet de se rendre compte du type d’objets créés par la compagnie.

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Marionnettes, territoires de créations

La marionnette comme tout art vivant ne peut échapper à la question du texte ou plus largement de l’auteur. Ainsi l’exposition et le débat ont permis d’aller un peu plus avant sur ce questionnement. Si la forme change, le fond est également en mutation ; les liens se tissent et se fond de plus en plus étroits entre la création et l’écriture contemporaine. Eugène Durif est régulièrement monté par des marionnettistes, voire se prête au jeu de la commande, il en est de même pour Valère Novarina et cette année, c’est Joël Pommerat qui signe l’adaptation marionnettique de Ma Chambre Froide en collaboration avec le Puppentheater de Halle (Allemagne). Mais comme l’ont souligné David Girondin Moab et Joëlle Noguès, chacun dans sa pratique se fait également l’auteur d’un spectacle qui se dessine dans le texte, dans le jeu, dans l’image et surtout dans la matière qu’elle soit palpable ou non. La marionnette se construit également dans son lien avec les autres arts vivant comme la danse, le théâtre ou encore le cirque. Plus qu’une œuvre figée c’est un acte de représentation qui se forge sous les yeux du spectateur. Joëlle Noguès, à titre d’exemple, nous confie travailler en étroite collaboration avec une plasticienne, tandis que David Girondin Moab explore dans ses spectacles les différents langages qu’offre la scène contemporaine. On retrouve ce soucis de la pluridisciplinarité dans son festival Orbis Pictus qui a accueilli notamment des compagnies qui travaillent avec la musique, la danse, le masque… La jeune création offre un beau panel de mutations possibles à l’art de la marionnette.

La marionnette n’a pas fini de tisser ses liens avec la société et il faut également braquer le projecteur sur cette discipline qui bien au-delà de la simple action culturelle peut permettre de rendre sensible le rapport à l’autre. En clin d’œil et en ouverture, on pense notamment au travail très pertinent qu’a mené la compagnie L’Ateuchus (Virginie Schell et Gabriel Hermand-Priquet) en passant trois ans avec des lycéens carolomacériens sur la thématique Je est un autre, cet autre est objet de Je(u) avec pour point d’appui une marionnette.

Sur ce même principe d’ouverture à l’autre et au territoire, le caractère itinérant de l’exposition inclut une proposition de carte blanche artistique à la région qui l’accueille. Ainsi, son passage à Gonesse vous permettra, au-delà de sonder un art fascinant, de découvrir la dernière création du Théâtre sans toit de Pierre Blaise, La nuit, une jolie partition sur l’univers onirique à destination du jeune public.

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Marionnettes, territoires de création

Pierre Blaise, président de THEMAA (Association nationale des théâtres de marionnettes et des arts associés) nous offre justement une belle formule totalement en adéquation avec l’exposition et la rencontre liée : « L’artiste n’explique  pas le monde, il le change ». En effet, il en est ressorti que le rôle du jeune créateur n’est pas de figer un contexte social, historique ou politique par son art mais bien de le placer au-devant de la scène pour qu’il continue à se modeler à travers l’acte artistique. La marionnette serait donc un patrimoine plus que vivant mais mouvant,  on observe une mutation dans la forme elle-même et vers un espace de liberté plus grand. Le patrimoine est création et s’articule entre les arts et entre les hommes pour faire tomber les barrières. Nous vous incitions vivement à découvrir cette exposition qui avec son choix pertinent d’objets, d’ouvrages, de vidéos et de documents sonores, vous ouvrira la porte vers de nouvelles perceptions…

Angélique Lagarde

Exposition Marionnettes, territoires de création
Salle d’exposition du Pôle culturel de Coulanges

24, rue de Paris
Gonesse (95)
Du mardi au samedi 14h30-17h30
Mercredi 10h-12h / 14h30-17h30
Tout public
Producteur délégué : THEMAA
Coproduction : THEMAA, Institut International de la Marionnette, Ville de Gonesse, Le Tas de sable – Ches Panses Vertes, Théâtre de Bourg en Bresse, L’Hectare – Vendôme, Théâtre Gérard Philippe de Frouard.
Avec le soutien du ministère de la culture et de la communication
Site du Festival théâtral du Val d’Oise 

La nuit
Auditorium de Coulanges
3 rue Saint-Nicolas
Gonesse (95)
Mercredi 2 novembre à 10h et 14h30,
Jeudi 3 novembre à 10h et14h30,
jeudi 10 novembre à 10h, 14h30 et 16h
Samedis 5, 12 et 26 à 14h30
Site internet du Théâtre sans toit

Site internet de la compagnie Pseudonymo

Site internet de la compagnie Pupella Noguès

Tournée de l’exposition 

Du 12 janvier au 15 février 2012 à Laval | Théâtre de Laval

Du 2 au 25 mars 2012 à Auray | Festival Méliscènes 
(sous réserve de modification)

Du 10 au 28 avril 2012 à Frouard | Festival Géocondé

Du 04 au 30 mai 2012 à Amiens | Festival Marionnettes en chemin
(sous réserve de confirmation)

Du 06 juin au 07 novembre 2012 à Besançon | Musée Comtois

Plus d’informations ici

 

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