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Rencontre avec Serge Bagdassarian à l’affiche dans Erzuli Dahomey, déesse de l’amour au Théâtre du Vieux-Colombier par Marie-Laure Atinault

Posté par angelique lagarde le 15 mars 2012

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Serge Bagdassarian dans Erzuli Dahomey, déesse de l’amour © Brigitte Enguérand

Rencontre avec Serge Bagdassarian
A l’affiche depuis le 14 mars dans
Erzuli Dahomey, déesse de l’amour  
De Jean-René Lemoine
Mise en scène d’Eric Génovèse
Avec Claude Mathieu, Françoise Gillard, Serge Bagdassarian, Bakary Sangaré, Nâzim Boudjenah, Pierre Nimey, Nicole Dogué et Djibril Pavadé.
Au Théâtre du Vieux-Colombier Comédie-Française

L’ecclésiastique en proie à la déesse de l’amour

Il est le 521ème Sociétaire de la Comédie Française. Entré en 2007 dans l’illustre maison, il est devenu l’une des figures familières de la troupe. Il est de ces comédiens qui nous réjouissent dès que leur nom apparaît dans la distribution. Nous le rencontrons au Théâtre du Vieux-Colombier entre deux répétitions d’Erzuli Dahomey, déesse de l’amour de Jean-René Lemoine dans la mise en scène d’Eric Génovèse.

Kourandart : Serge Bagdassarian vous êtes le 521ème Sociétaire de la Comédie Française et le premier Arménien…

Serge Bagdassarian : Oui, c’est amusant, j’ai été beaucoup interviewé par des journaux arméniens à ce sujet. Je revendique et j’assume parfaitement cela. Mon grand Père était de Smyrne, il a quitté la Turquie en 1917. Mon père est d’origine arménienne et ma mère du Nord de la France. Je suis né à Dunkerque.

KA : Donc vous êtes un p’tit gars du nord !

SB : Absolument. Nous sommes en plein Carnaval et je dois dire que cela me démange et me manque de ne pas pouvoir y participer. Vous savez c’est une vraie tradition, une vraie culture. On fait de l’intrigue

KA : C’est-à-dire ?

SB : On se déguise vraiment. Tout le jeu est que l’on soit méconnaissable, il n’y a pas que le masque mais tout est dans l’art du déguisement. Le but est d’aller vers des gens que l’on connaît et de les interpeller avec tout ce que l’on sait, sans être reconnu ! A l’école, on enseigne les chansons traditionnelles pour le Carnaval.

KA : Depuis votre entrée à la Comédie-Française, nous avons pu apprécier vos talents de chanteur. Quel est votre cursus ?

SB : J’ai fait beaucoup de chant choral, avec Les rossignolets du Val des roses, entre autres.

KA : En somme, le Carnaval vous a préparé au chant et au théâtre ?

SB : Depuis l’enfance, je fais du théâtre amateur. J’ai continué du collège à la Fac d’anglais. Devenu professeur d’anglais, je me suis rendu compte qu’il y avait un déséquilibre entre mes activités, j’ai pris une année sabbatique pour me consacrer complètement au théâtre. J’ai rejoins l’équipe du Théâtre de La Licorne où j’ai joué Candide. J’ai travaillé pendant 18 ans avec Claire Dancoisne. J’ai rencontré Mario Gonzales, et une autre forme de théâtre, toute la technique du jeu avec des masques et de la Commedia dell’arte… Je chantais sur certains spectacles et j’ai été appelé à la rescousse pour un spectacle au Théâtre du Nord, La leçon de Monsieur Pantalone dans la mise en scène de Christophe Patty, pour être le maître à chanter de Muriel Mayette.

KA : En somme c’est en faisant chanter Muriel Mayette, administratrice de la Comédie-Française que vous y êtes entré ! (Rires) Décidément vous êtes prédestiné à la bure ecclésiastique dans la maison puisque dans Erzuli Dahomey, déesse de l’amour vous interprétez le Père Denis. Que pouvez nous dire sur ce personnage ?

SB : Oui c’est vrai, est-ce ma rondeur qui appelle l’habit ? En tous cas, sur les répétitions, j’ai tout entendu et les surnoms vont bon train ! Le Père Denis est un prêtre qui est près de ses ouailles, très près surtout des toutes jeunes filles. Puis il se rend compte qu’il aime les messieurs. Il cherche la rédemption !

KA : La langue de Jean-René Lemoine est-elle difficile ? Comment l’avez-vous apprivoisée ?

SB : Je faisais partie du Bureau des lecteurs, lorsque le texte nous a été soumis. J’ai été séduit par cette langue qui vient de l’oralité, par le créole, par sa poésie. Ce fut une bonne surprise de faire partie de la distribution.

KA : On  se souvient de la polémique autour de la distribution de La tragédie du Roi Christophe d’Aimé Césaire, certains critiquant que des comédiens blancs jouent les rôles de noirs.

SB : Il n’y aura pas de problème de cet ordre puisque la pièce est écrite avec des rôles pour des blancs et des noirs.

KA : Qui est Erzuli Dahomey, déesse de l’amour ?

SB : Erzuli Dahomey est une déesse à Haïti. Fanta (Nicole Dogué) est envoûtée. Elle ne se remet pas de la mort de Lady Di. Ce drame l’amène à se révolter et à éprouver un phénomène de catharsis.

KA : Et le Père Denis ?

SB : Le Père Denis est un prêtre passif dans le dogme. Au début, c’est un « père la pudeur », mais ses certitudes sont bouleversées par tous les événements qui se passent dans la famille de Victoire Maison (Claude Mathieu). Il est le précepteur  des jumeaux, Sissi (Françoise Gillard) et Frantz (Pierre Nimey).  Il a beaucoup d’affection pour ses élèves, enfin surtout pour la jeune fille. Le surnaturel fait irruption dans cette famille, il y a un fantôme, une bonne antillaise envoûtée et une sénégalaise revendicatrice. Le Père Denis est confronté à ses désirs, à l’hypocrisie.

KA : Le spectacle se jouera jusqu’au 15 Avril, mais êtes-vous déjà sur d’autres aventures ?

SB : Oui, je répète Peer Gynt d’Henrik Ibsen dans la mise en scène d’Eric Ruf où je joue notamment  le roi des Trolls.

KA : Il y a-t-il le rôle que vous rêveriez d’interpréter ?

SB : Je dois avouer que j’ai un grand rêve, celui de jouer Le Bourgeois Gentilhomme. C’est un très grand rôle et je crois que l’on a souvent oublié qu’il est sincère, et finalement profondément touchant, il n’est pas que ridicule. Il veut s’élever, ce qui est parfaitement respectable.

KA : Je formule un vœu, j’aimerais qu’Ubu soit repris car vous êtes un Père Ubu historique et vous formiez  un couple détonnant avec Anne Kessler.

SB : C’est un grand souvenir et les réactions du public, choqué, nous étonnaient. Mais quel plaisir !

Le devoir appelle Serge Bagdassarian, nous serons au rendez-vous de cette création.

Propos recueillis par Marie Laure Atinault

Théâtre du Vieux Colombier
21, rue du Vieux-Colombier
75006 Paris
Réservations au 01 44 39 87 00

Une Réponse à “Rencontre avec Serge Bagdassarian à l’affiche dans Erzuli Dahomey, déesse de l’amour au Théâtre du Vieux-Colombier par Marie-Laure Atinault”

  1. Nicolas R dit :

    Trés heureux d’en connaitre un peu plus sur ce commédien formidable. je ne saurais que trop conséiller d’aller le découvrir dans Peer Gynt dans lequel tout son art est mise en valeur notamment en roi des trolls grandiose et grotesque, en eunuque dansant et leger, en Ballon chantant …

 

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