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Anne Sylvestre, rencontre en coulisses par Irène Sadowska-Guillon

Posté par angelique lagarde le 23 avril 2013

Anne Sylvestre, rencontre en coulisses par Irène Sadowska-Guillon dans Concerts a.sylvestre-199x300

Anne sylvestre © Anne-Marie Panigada

Anne Sylvestre chante la femme

Poète, auteur, compositeur interprète, figure essentielle de la chanson française, Anne Sylvestre trace depuis bientôt 55 ans son chemin loin des sentiers battus, à contre-courant des modes, à l’écart des idées collectives. Personnage combattant, féministe à sa façon, elle s’est toujours élevée contre l’inégalité, l’injustice, la discrimination raciale, sexuelle, xénophobe, en abordant dans ses chansons bien avant les autres les questions du viol, des sans abri, du mariage homosexuel, etc… Elle continue à se battre aujourd’hui contre les injustices, les dominations, les humiliations qui sont toujours le lot quotidien des femmes. Un combat qui s’exprime à travers les chansons de son nouvel album Juste une femme et son spectacle éponyme, le 15 mai 2013 au Casino de Paris.

Kourandart: Farouchement indépendante des courants d’idées vous vous êtes impliquée dès le départ dans la cause féminine…

Anne Sylvestre : C’était un engagement personnel, relevant de mes propres convictions, et non pas d’une adhésion idéologique à un groupe ou à un mouvement. Je ne supporte pas l’embrigadement et je préfère signer mes chansons que les pétitions.

KA : Est-il plus facile aujourd’hui d’être femme dans notre société dominée encore par les hommes ?

A. S : Sans doute les femmes ont-elles plus de place dans beaucoup de domaines. Même dans la chanson où on parle de la nouvelle scène féminine. Il y a une relève aussi dans le mouvement féministe et c’est important car on aurait tendance à dire : le féminisme maintenant ça suffit, vous avez eu tout ce que vous vouliez. Mais attention certains acquis sont toujours menacés. Si le combat porte sur des questions visibles : inégalité des salaires, promotion professionnelle, etc… On passe souvent sur des choses peu visibles de la vie quotidienne, par exemple, l’irrespect, les remarques humiliantes, déguisées en plaisanteries. Cette espèce d’irrespect qui a amené récemment à dire au sujet d’une agression sexuelle très médiatisée : ce n’est rien il n’y a pas mort d’homme. C’est de cet irrespect que je parle dans Juste une femme, la chanson titre de mon dernier album.

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KA : Quels thèmes abordez-vous précisément dans ce dernier album ?

A. S : Bien sûr il faut se battre contre la violence faite aux femmes, contre le viol, contre les tentatives d’empêcher l’avortement etc… Il y a des lois qui officiellement garantissent les droits, la dignité des femmes mais dans la vie courante il se passe des choses inquiétantes, humiliantes que je relève dans Juste une femme. On trouve toujours dans le commerce des objets usuels, cendriers, assiettes, avec des inscriptions de type « Bats ta femme, si tu ne sais pas pourquoi, elle le sait », ou des images érotico pornographiques du corps féminin. On continue à fabriquer des vêtements roses pour les petites filles et bleus pour les garçons. Cette recrudescence de la sexualisation de tout est assez récente. De quoi est-elle signe ? On répond souvent à une femme candidate à un poste important : « Et qui va garder les enfants ? » Extirper ces clichés enracinés dans la tête des gens est plus difficile que de faire des lois.

KA : Comment naissent vos chansons ?

A. S : Je ne m’impose jamais des sujets à traiter parce que c’est de l’actualité. Mais il m’arrive quelquefois de réagir à un événement d’actualité quand il me donne l’intuition d’une chanson. La chanson n’est pas un outil pour délivrer des messages ou raconter un fait divers au premier degré. Il faut toujours trouver un biais poétique, une distance ironique. J’ai écrit il y a quelques années La berceuse de Bagdad à la suite d’images diffusées à la télévision qui m’ont bouleversées, de femmes qui devaient accoucher prématurément avant les assauts pour que leur bébé soit là. Ce qui m’intéresse, c’est de parler des gens, des histoires de leur vie, plus que des grands événements couverts par les médias. On a dit que j’étais « l’écrivain public » de ce que les gens ressentent et vivent. Cela me va très bien.

Propos recueillis par Irène Sadowska Guillon

Spectacle Juste une femme
le 15 mai 2013 au Casino de Paris

Cd Juste une femme
Éditions EPM, sortie le 22 avril 2013

Livre
Anne Sylvestre « Et elle chante encore ? »
Par Daniel Pantchenko
série Biographie, Éditions Fayard, 2012
476 pages, prix 22 €

Site web : www.annesylvestre.com

 

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