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Les laboratoires de Jean Manuel Warnet et La filiation Copeau, Lecoq, Mnouchkine de Guy Freixe aux éditions l’Entre-temps par Irène sadowska-Guillon

Posté par angelique lagarde le 30 avril 2014

les-laboratoires-une-autre-histoire-du-theatre

Les laboratoires
Une autre histoire du théâtre
de Jean Manuel Warnet

et

La filiation Copeau, Lecoq, Mnouchkine
Une lignée théâtrale du jeu de l’acteur
de Guy Freixe
Éditions l’Entre-temps
Collection les voies de l’acteur

Histoires des filiations

Dans la continuité de leurs publications de recherches, d’explorations et de récupérations de la mémoire et de l’histoire théâtrale les Éditions de l’Entre-temps proposent deux ouvrages apportant des éclairages nouveaux sur les histoires, les liens de filiation entre les grands innovateurs et réformateurs de la pratique scénique et du jeu de l’acteur au XXème siècle. Jean Manuel Warnet explore dans Les laboratoires. Une autre histoire du théâtre cet espace de l’entre-deux, de la recherche théâtrale qui n’est ni théâtre ni école, en dégageant les diverses formes de ce type de travail depuis Stanislavski, Meyerhold, jusqu’aux formes les plus récentes de laboratoire en passant par la quête de Grotowski et de Barba. Guy Freixe à son tour s’attache dans La filiation Copeau, Lecoq Mnouchkine. Une lignée théâtrale du jeu de l’acteur, à dégager les liens de famille entre les démarches, méthodes de travail et les approches du jeu de l’acteur chez Jacque Copeau, Jacques Lecoq et Ariane Mnouchkine. Il relève les points communs, les singularités de ces démarches mais aussi les proximités avec celles d’autres créateurs comme par exemple Peter Brook. Les deux ouvrages proposent des mises en perspective des recherches et les pratiques théâtrales essentielles, déterminantes pour la scène d’aujourd’hui.

Comment, dans quelles circonstances, en réaction à quelles pratiques de nouvelles conceptions et la recherche de travail scénique et du jeu de l’acteur vont s’imposer et se développer dès le début du XXème siècle ? Comment ces espaces d’explorations, de réformations souvent radicales, révolutionnaires, se développent et évoluent-ils ? Dans quels domaines scientifiques, artistiques, ces démarches trouvent-elles des ressources, des énergies innovatrices ? Voici quelques-uns des axes autour desquels Jean Manuel Warnet articule son ouvrage sur les origines et les diverses formes du laboratoire théâtral. Il établit l’origine de ce type de recherche dans la démarche de Constantin Stanislavski qui ouvre les voies d’exploration théâtrale vers les sciences et les arts plastiques, en dégageant les prolongements et les filiations auxquels l’aventure stanislavskienne donnera lieu. Meyerhold radicalise et révolutionne le système du maître, Evgueni Vakhtangov fait évoluer son héritage, Mikhaïl Tchekhov, Richard Boleslawski l’exportent jusqu’en Amérique où il sera à la base du travail de l’Actor’s Studio. Si Jean Manuel Warnet situe les origines de l’utopie de la recherche expérimentale en Russie il relève plusieurs autres manifestations à l’époque chez Craig, Copeau entre autres, qui mêlent dans leurs démarches la pratique de la scène, l’enseignement, la recherche. Ces espaces de recherche expérimentale, de type communauté artistique (Copeau) ou d’avant-garde politique en URSS évoluent après la IIe guerre mondiale vers de nouvelles formes : studios, laboratoires, dont celui de Jerzy Grotowski ou communauté artistique (Eugenio Barba), centre de recherche (Peter Brook) ou encore plus récemment communauté quasi mystique comme celle d’Anatoli Vassiliev.

Ainsi à travers ces déclinaisons de la notion de communauté artistique et de laboratoire, Jean Manuel Warnet reconstitue-t-il une lignée d’artistes, chercheurs et rénovateurs qui inscrivent, depuis 1905 à nos jours, leur travail dans le temps long de la recherche. De nombreuses photos extrêmement rares et un tableau chronologique des laboratoires du XXème siècle. complètent son étude précise, très documentée et en même temps très accessible.

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Il y a des résonances entre l’ouvrage de Jean Manuel Warnet et celui de Guy Freixe qui lui dans La filiation, Copeau, Lecoq, Mnouchkine une lignée théâtrale du jeu de l’acteur met au jour des liens de famille entre les démarches de ces créateurs articulées sur un type de jeu associant étroitement l’esthétique et l’éthique théâtrale, refusant le jeu psychologique au profit du jeu masqué, opposant une résistance au « non jeu » télévisuel, privilégiant l’esprit collectif et une recherche d’une écriture scénique chorale. Un jeu qui tels les dessins de Cocteau ou de Picasso, offre plutôt le contour que l’épaisseur du personnage.

Guy Freixe analyse d’abord la quête du jeu chez Jacques Copeau, l’importance de l’improvisation dans son travail, le concept de l’acteur clown, le recours à la musique et au masque pour transposer le jeu, l’esthétique et l’éthique du jeu, le concept de l’acteur créateur. Il aborde ensuite, à travers les pratiques théâtrales de la troupe des Copiaus, les questions de l’utopie communautaire, de la création collective et du théâtre populaire. La partie suivante de l’ouvrage est consacrée à la démarche de Jacques Lecoq, héritier de Copeau. Guy Freixe analyse les aspects caractéristiques de la pédagogie mimo-dynamique de Lecoq, sa conception du jeu et de l’approche du personnage. Par l’exemple du Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine il traite ensuite de la problématique de la troupe école permanente en dégageant les proximités entre la conception de la troupe de Copeau et de Mnouchkine, en particulier pour ce qui est de l’écriture scénique collective, du jeu festif.

Guy Freixe inclut dans la partie finale de l’ouvrage des extraits d’entretiens avec Marie-Hélène Dasté, Alain Mollot, Pascale Lecoq, Jean-Claude Penchenat, Maurice Durozier, Ariane Mnouchkine. Ces entretiens apportent des points de vue et des témoignages directs, concrets des proches et des collaborateurs ainsi que d’Ariane Mnouchkine elle-même, sur les pratiques et les écoles traitées dans ce livre.

Irène Sadowska Guillon

Les laboratoires. Une autre histoire du théâtre
de Jean Manuel Warnet
620 pages, Prix public : 31 €

et

La filiation Copeau, Lecoq, Mnouchkine
Une lignée théâtrale du jeu de l’acteur
de Guy Freixe
299 pages, Prix public : 26 €
Éditions l’Entre-temps
Collection Les voies de l’acteur

 

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