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Le rouge et le noir à l’Opéra national du Rhin par Angélique Lagarde

Posté par angelique lagarde le 23 janvier 2017

LeRougeetleNoir-Hamilton Nieh et Céline Nunigé (c) JLTanghe

Le rouge et le noir – Hamilton Nieh et Céline Nunigé © Jean-Luc Tanghe

Le rouge et le noir
Ballet en trois actes pour 36 danseurs
Création en 1988 au Zürcher Ballet
Chorégraphie d’Uwe Scholz
Musique d’Hector Berlioz
Direction musicale de Myron Romanul
Assistants à la chorégraphie : Giovanni Di Palma, Kiyoko Kimura
Ballet interprété par le Ballet de l’OnR et l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg
Vu à l’Opéra de Strasbourg – à l’Opéra national du Rhin jusqu’au 31 janvier

La grâce de la passion

À partir de l’œuvre de Stendhal, Uwe Scholz a créé en 1988 ce que l’on considère aujourd’hui comme l’un des derniers grands ballets classiques. La grâce qui s’exprime ici est celle que reçoit Julien Sorel lorsqu’il rencontre Madame de Rênal, une passion transcendante contre laquelle il ne peut lutter, mais également celle de danseurs sublimes qui donnent corps à ce chef d’œuvre de la littérature française. Si Le Rouge et le Noir de Stendhal est le récit de l’ascension sociale et de la chute de Julien Sorel, le ballet d’Uwe Scholz met plus en exergue les sentiments que traversent le héros au cours de son apprentissage.

Nous découvrons Julien Sorel, jeune homme solitaire qui tente d’oublier dans la lecture les taquineries de ses camarades et la rudesse de son père, responsable d’une scierie en Franche-Comté. Interprété par Hamilton Nieh, le danseur se laissera emporté par l’insolence de son personnage au fil du ballet. Le décor de papier composé par Philippe Miesch, à la fois sobre et imposant, nous plonge instantanément dans l’univers du roman et de cette forêt profonde qui a marqué l’enfance de Julien, refuge à la rudesse de son entourage. Quelle libération pour lui lorsque Monsieur de Rênal vient lui offrir une place de précepteur auprès de ses trois enfants. Et quel chavirement pour son âme lorsqu’il fait la connaissance de Madame de Rênal, femme d’une rare élégance, magnifiée par Dongting Xing, la danseuse qui l’interprète. Cette rencontre s’orchestre sous le regard de la servante qui n’est pas insensible aux charmes de Julien et se joue alors un charmant ballet sur pointes, les deux femmes virevoltant telles des ballerines de boîte à musique autour de lui.

Dans un sublime pas de deux, l’épouse malheureuse finit par céder aux avances du bel éphèbe, mais le bonheur est de courte durée. L’adultère découvert par la servante pétrie de jalousie, Julien est contraint de quitter la demeure bourgeoise pour le séminaire. Cette période âpre et douloureuse pour le jeune homme est exprimée assez sommairement sur scène. Elle clôture néanmoins le premier acte avec par une image d’une grande force symbolique dessinée notamment par les costumes de Thibaut Welchin et accentuée par le jeu de lumières de Maryse Gautier. Nos retrouverons cette même intensité dans l’ultime scène du ballet.

LeRougeetleNoir- (c) JLTanghe

Le Rouge et le Noir © Jean-Luc Tanghe

Julien Sorel est libéré du séminaire par le Marquis de la Mole qui lui offre une belle place et de surcroît à Paris ! Il rencontrera alors l’intrépide Mathilde interprétée par la danseuse Céline Nunigé, délicieuse dans une scène de bal aux nombreux portés. Feignant d’abord l’indifférence, elle révèle bien vite sa passion dans un ardent duel amoureux. Tout sourit alors à Julien, une belle carrière militaire se dessinant pour lui en cette ère napoléonienne. Puis c’est la chute, Madame de Rênal est forcée de révéler sa liaison. Si cet aspect de l’œuvre n’est pas extrêmement lisible dans le ballet, ce qui est encore une fois mis en exergue, c’est la violence des sentiments. Fou de rage, notre héros romantique est déterminé à tuer sa maîtresse. Il se rend à la chapelle où elle a coutume de prier mais ne fait que la blesser. Il est jugé, envoyé en prison et promis à la guillotine. Il reçoit la visite de Mathilde qu’il écourte et celle de Madame de Rênal avec qui il savoure ses derniers instants de bonheur. La danseuse Dongting Xing nous offre une Madame de Rênal, superbe d’abandon et de passion dans une grâce et une fluidité des mouvements rares.

LeRougeetleNoir-Hamilton Nieh et Dongting Xing  (c) JLTanghe

Le Rouge et le Noir – Hamilton Nieh et Dongting Xing © Jean-Luc Tanghe

Le chef d’orchestre Myron Romanul guide parfaitement cette partition de Berlioz entièrement agencée par le chorégraphe Uwe Scholz. Il avait judicieusement choisi différents morceaux du compositeur en mesure de refléter à la fois la grandiloquence de l’ère napoléonienne et les tourments d’un héros romantique. Saluons enfin les assistants à la chorégraphie, Kioko Kimura et Giovanni Di Palma qui font renaître ce grand ballet classique et démontrent la virtuosité des danseurs du Ballet de l’OnR.

Angélique Lagarde

Opéra national du Rhin
Renseignements / Réservations : 0825 84 14 84 (0,15 €/ min)
operanationaldurhin.eu

 

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